Histoire d'une métamorphose
Aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours senti en décalage
Pas à sa place, perdu dans un univers de gens différents
Pas très courageux, assez introverti, jamais dans le coup
Pas de passions, pas vraiment d’amis non plus
Jouant un rôle, portant un masque pour me faire accepter
Evitant soigneusement d'être vu, d'être mis dans la lumière
Avec la peur d'être vu comme inutile, pas drôle, inintéressant
Préférant m'isoler, mais souffrant de la solitude
Niveau moyen de confiance en soi : 3/10
Je me disais toujours : « ce sera mieux en grandissant »
Mais ça ne faisait jamais qu’empirer.
Puis en école de commerce, je me disais : « ta place est dans la vie active »
Puis le vide. Intersidéral.


35 ans, consultant pour les groupes du CAC40
Une progression rapide.
La stimulation intellectuelle que j’affectionne tant.
Et pourtant un sentiment de vide immense : Tout ça n’a aucun sens !
Et cette terreur obsédante : celle de passer à côté de ma vie
Je n’avais jamais pris une seule vraie décision
Jamais fait que des choix logiques
Pour sécuriser un avenir, une retraite
Je n’avais jamais osé suivre mes rêves, jamais osé vivre
Le sentiment d’un long et étroit couloir jusqu’au cercueil
De jouer un rôle dans un monde où je n'avais pas ma place
Le sentiment atroce d’être prisonnier de ma vie
Mais au milieu de cette détresse, une seule certitude.


L’éveil m’était venu à 20 ans
Un échange universitaire à Singapour.
Très vite, l’ivresse était devenue addiction : je ne rêvais que de voyage.
Mais j’avais beau partir à chaque occasion, ce n’était jamais assez.
Longtemps j’ai laissé les jugements m’atteindre
« Bah oui, t’aimes bien les vacances »
Mais c’était tellement plus profond.
Le sentiment de me sentir vivant seulement quelques semaines par an.
Et cette nécessité, toujours, de repousser mes limites, d’aller plus loin.
De sauter dans un camion, sans connaître sa direction.
D’aller là où la carte s’efface, à la rencontre de l’immensité.
Mais plus que visiter des temples, j’étais fasciné par les rencontres.
Les manière de vivre et de penser, qui évoluaient d'une rive à l'autre, d’une vallée à l’autre.
Le voyage avait fait naître un questionnement qui tournait à l’obsession :
Pourquoi ces injonctions à vivre de telle ou telle manière?
Pourquoi faudrait-il se comporter comme ceci ou comme cela?
Pourquoi décrétons-nous que ceci est bien et ceci est mal?
Tout le monde a l'air si sûr de ce qu'il pense, alors qui a raison?
Et au fond, qu'est-ce que le bien? Qu'est-ce que le mal?
Mais en lieu de réponses, je ne trouvais que de nouveaux paradoxes.
J’avais besoin de me laisser envahir
Alors j’ai tout lâché : la sécurité, le CDI, l’appartement.
Un tour du monde par la terre et par la mer.
Des montagnes à escalader.
Des océans à traverser en cargo ou en voilier.
Des nomades à accompagner à dos de chameau.
Et la nécessité de rencontrer autant de cultures que possible,
Pour trouver les réponses à ces questionnements.
Tout bascule en Iran, en septembre 2022
Mahsa est tuée.
Une jeune kurde de passage à Téhéran avec sa famille, assassinée par la police des moeurs pour un voile mal porté.
La rue se soulève, les pavés deviennent munitions, les voitures explosent en cratères de feu et de métal.
Des milliers de manifestants raflés, torturés, exécutés.
Des européens kidnappés pour alimenter le fantasme du complot étranger.
Une descente aux enfers.
Envoyé à la prison d’Evin à Téhéran, l’une des pires du monde


Cet endroit, c’est un abattoir
Des cellules sans fenêtre, des éclairages qui fouillent nuit et jour.
Entassé parmi des centaines de détenus dans un mélange de sueur et de peur.
Entièrement coupé du monde, dont ne filtrent plus que les hurlements de ceux qu’on électrocute et de celles qu’on viole.
Réduit en esclavage.
Traîné les yeux bandé en interrogatoire pour forcer des aveux fantasmés d’espionnage.
Mais la pire torture, on se l’inflige soi-même :
Par l’esprit qui tord le réel, qui crée des monstres invisibles, et chaque instant devient un massacre contre soi.


Mais au milieu de l’horreur, la rencontre d’une humanité
Les prisonniers politiques qui m’ont recueilli comme un frère,
Et qui se sont faits les maîtres d’une quête initiatique vers la liberté intérieure, chacun m'offrant la clé d'un enseignement.
Car dans cet antre du diable, soumis à une pression extrême qui tire vers la folie, un bien inestimable :
Une liberté absolue de penser
Loin des carcans de toute société,
Loin des schémas imposés,
L’épreuve recèlerait à la fois le poison… et l’antidote


Là où d’autres survivent, je me suis transformé
Car je n’étais pas seul dans cette cellule...
A mes côtés : Sénèque, Nietzsche, Bergson, Héraclite, Khayyam, Rûmî...
Les grand maîtres, confrontés à la violence du réel.
La philosophie n’est plus une abstraction, c'est un apprentissage du monde.
Pour la première fois, je l’éprouve dans ma chair.
Une transformation radicale, une lente métamorphose
Qui m’a poussé à faire sauter toutes mes croyances :
Sur moi, sur la liberté et l'enfermement, le bien et le mal, l'identité...
Enfin résoudre les questionnements qui m'obsédaient depuis 10 ans
Et comprendre une chose fondamentale


Les seules prisons sont celles que nous érigeons dans notre esprit
Le seul tyran est celui auquel nous donnons du pouvoir
Celui des injonctions de la morale
De nos croyances héritées
De nos représentations du monde
Et j'ai compris que je pouvais décider de m'en libérer
Changer ma perception du monde et de moi-même,
Pour faire naître une autorisation
Ma mission aujourd’hui :
Permettre à d’autres de vivre cette Révolution intérieure,
De connaître l’éveil,
Pour briser les chaines de leurs conditionnements :
De leurs croyances,
De leurs injonctions,
Pour s’autoriser à être, et atteindre la liberté intérieure.


Tu peux me contacter ici, ou par email :
louisarnaud.pm@gmail.com


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